• Pascal Boniface s'exprime sur le nucléaire iranien

    [09/11/06]
    Entretien avec Pascal Boniface, Directeur de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) sur le nucléaire iranien et la prolifération.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    "Sur le nucléaire iranien et la question de la prolifération, il y a un peu un paradoxe dans le débat entre les trois candidats socialistes puisque Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont reconnu a l'Iran le droit d'enrichir de l'uranium, ce qui est, d'ailleurs, juridiquement exact.

    Effectivement, le traité de non prolifération, en l'échange de l'interdiction d'avoir des armes nucléaires, permet toutes les possibilités nucléaires civiles.

    Le problème, c'est que pour le moment, du fait du caractère particulier de l'Iran, la communauté internationale ne veut pas que l'Iran enrichisse de l'uranium et que la position des différents pays, France incluse, est que l'Iran ne puisse pas procéder à de l'enrichissement de l'uranium.

    Parce que si l'Iran procède à l'enrichissement de l'uranium, il pourra ensuite soit dénoncer le TNP et fabriquer une arme nucléaire, soit fabriquer une arme nucléaire.

    A partir du moment où vous enrichissez de l'uranium, vous pouvez le faire à quelques % près, 2,3% pour de l'énergie nucléaire, et à 93% pour avoir une bombe atomique.

    En fait tout le débat repose sur : est ce que l'Iran a le droit ou non d'enrichir l'uranium ?

    A la seule lecture du TNP: oui il le peut.

    Mais la position de la communauté internationale est que dans la mesure ou l'Iran a jusqu'ici menti sur son programme, et qu'il a fait des déclarations hasardeuses, bien qu'il y ait un accord, et bien non : la communauté internationale demande à l'Iran de renoncer ou de repousser son programme d'enrichissement.

    Pour trouver un accord, pour être sûr que les capacités nucléaires iraniennes civiles ne seront pas utilisées pour produire des armes atomiques.

    Ce qui est un peu curieux dans l'affaire, c'est que Laurent Fabius dit à la fois qu'il ne veut pas voir Ahmadinejad (même lorsqu'il sera président) et qu'il autoriserait l'Iran a enrichir de l'uranium. Donc, il va plus loin, non seulement que la position américaine, mais y compris que les russes, les chinois, l'ensemble de la communauté internationale, qui pour l'instant effectivement, craignent que l'Iran enrichisse de l'uranium.

    Donc c'était un débat un peu contradictoire, des positions un peu curieuses, de la part de Strauss-Kahn qui dit que l'Iran est à la frontière du pétrole, de l'islam, du terrorisme et que sais-je encore et qu'il aurait le droit d'enrichir de l'uranium !

    Il y avait quelque chose d'un peu incompréhensible: comme si ils avaient voulu aller un peu plus loin.

    Ou comme si ils voulaient avoir une stricte lecture juridique du TNP sans peut être prendre en compte l'environnement stratégique global."


    Pascal Boniface,

    Directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques



     


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