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Internet et les menaces sur l'information | 20 janvier 2007

En me promenant sur divers sites d'actualités, je suis tombé sur cet article d'Ignacio Romanet qui écrit pour Le Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/). Puisque j'y suis, j'y reste ; je transmets l'article via Internet et ce blog. Quel paradoxe entre le fond de l'article et ce que je suis en train de faire. J'en conviens : il est plus humain de lire du papier dans le train, dans un café ou autre que de rester cloîtrer sur son écran d'ordinateur, à sauter "10 lignes" de l'article "en ligne" à chaque fois, car grande est la tentation d'absorber en un rien de temps une multitude d'informations et de n'en retenir au final qu'une seule.

 Menaces sur l'information. Par Ignacio Romanet  – Le Monde Diplomatique



La presse écrite traverse la pire crise de son histoire. Non seulement en France mais presque partout dans le monde, des journaux, y compris Le Monde diplomatique, sont confrontés depuis trois ans à une baisse régulière de leur lectorat. Celle-ci fragilise leur équilibre économique, met en péril leur survie et pourrait donc, à terme, menacer la pluralité des opinions dans nos démocraties.


Les difficultés que vient de connaître, par exemple, en France, le quotidien Libération sont symptomatiques d'un état général alarmant de la presse. Autant qu'on puisse les déterminer, quelles en seraient les causes principales ?


D'abord, l'irruption des « gratuits ». Une appellation qui constitue une escroquerie, car des lecteurs croient que l'information se fabrique sans coûts alors que, dans le cas des « gratuits », ils la paient sous forme de taxe publicitaire invisible incorporée au prix de chacun des produits de consommation qu'ils achètent. En quelques années, ces journaux se sont hissés aux premiers rangs de la liste des plus diffusés. Avec plusieurs conséquences : beaucoup de personnes ont cessé d'acheter les quotidiens payants ; et les annonceurs ont commencé à se reporter sur les « gratuits ». Or les ventes en kiosque et la publicité constituent deux des principales ressources d'un journal, la troisième étant les abonnements.


D'autre part, Internet, qui chamboule la totalité des pratiques culturelles (musique, édition, cinéma, télévision), et n'épargne pas le champ de la communication. Il est significatif que le récent lancement de la nouvelle chaîne internationale d'informations, France 24, ait été effectué sur la Toile, et seulement le lendemain sur le câble et le satellite. Le nombre de personnes connectées à Internet pour y puiser des informations ne cesse d'augmenter. Certaines ont, du coup, cessé d'acheter des journaux. Elles aussi – comme les lecteurs de « gratuits » – désertent donc les kiosques. Ce qui contribue à la diminution du nombre de ceux-ci et accentue mécaniquement le recul de la diffusion payante de tous les titres, quelle que soit leur périodicité.
 


Internet fascine par le grand nombre de sites gratuits disponibles, par la possibilité aussi d'y créer son propre moyen d'expression personnel (le blog), et par la facilité à échanger des opinions sur tous les sujets. Une telle avancée, indéniable, en matière de liberté doit être pondérée par au moins deux considérations. D'abord celle-ci, troublante : la plupart des collectifs qui, par le biais d'Internet, se sont lancés, à corps perdu, avec un souci de démocratie participative, dans des discussions et des débats internes de forte intensité se sont souvent retrouvés littéralement atomisés, fractionnés, au bord de l'impuissance ou de l'autodestruction.


Ensuite, ce constat du chercheur américain Eric Klinenberg (lire son article « Les bénéficiaires inattendus du miracle Internet ») : « Internet a longtemps été caractérisé par le nombre illimité de ses nouveaux sites exprimant la diversité des opinions politiques d'un bout à l'autre du spectre. Mais, désormais, les sites les plus populaires sont contrôlés par les groupes de médias les plus puissants. » Cela signifie que, comme toujours dans l'histoire des communications, quand un nouveau média apparaît – des gazettes du XVIIIe siècle aux « radios libres » des années 1970 et à Internet aujourd'hui –, il donne d'abord l'impression d'élargir le périmètre de la liberté d'expression avant d'être repris en main par les puissances d'argent. Et normalisé. Déjà, les profils de lecteur déterminés par l'usage d'un moteur de recherche sont vendus à des marchands désireux de mieux cibler leurs consommateurs potentiels...


En France, la propriété des grands médias est concentrée entre les mains de quelques groupes industriels et financiers, dont deux fabricants d'armes : Lagardère (via Hachette) et Dassault (via la Socpresse). Ce constat préoccupant doit conduire les citoyens à se mobiliser et à soutenir, en riposte, la presse indépendante dont fait partie Le Monde diplomatique.


Rappelons que notre journal appartient, pour moitié (51 %), au groupe Le Monde et, pour l'autre moitié (49 %), à ses lecteurs et à l'équipe qui le réalise. Cette seconde caractéristique en fait un cas presque unique dans la presse non seulement française, mais internationale. Et constitue une garantie de totale indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques, médiatiques ou financiers. Fortement appréciée à l'étranger, cette singularité a d'ailleurs favorisé l'expansion de nos éditions internationales, aujourd'hui au nombre d'une soixantaine, en plus de trente langues. Un cas, là encore, unique dans la presse mondiale, mais qui n'a pas empêché la baisse du nombre de nos acheteurs en France, nombre dont dépend l'équilibre financier du journal.


Pour mener cette bataille médiatique, Le Monde diplomatique compte avant tout sur la solidarité de ses lecteurs et sur celle de l'association Les Amis du Monde diplomatique (lire « Le “Diplo”et les Amis : deux partenaires solidaires »). Et prend, dès le prochain numéro, plusieurs initiatives afin de bien marquer le départ de cette nouvelle étape. D'abord, tout en restant plus que jamais fidèle à un journalisme du respect des faits, le contenu rédactionnel va intégrer des innovations thématiques et des rubriques nouvelles. L'ensemble de la maquette fera l'objet d'un toilettage, et la « une » sera modifiée. Il ne s'agit pas d'une « nouvelle formule », comme la presse en a abusé ces derniers temps, mais d'un signal de mise en mouvement et de mobilisation que notre rédaction adresse à tous ses lecteurs.


Dans nos colonnes, par décision de la rédaction, la part de la publicité restera limitée à 5 % de notre chiffre d'affaires. Un niveau très bas si on le compare à la plupart des autres titres (plus de 50 %, en moyenne). En revanche, le prix – inchangé depuis cinq ans – sera modifié ; il passe dès le mois prochain à 4,50 euros. Toutefois, le montant des abonnements annuel (40 euros) et biennal (73 euros) demeurera inchangé durant quelques mois.


S'abonner, au moment où nous livrons une guerre médiatique asymétrique face aux géants de la communication, constitue à la fois un acte de résistance et la meilleure façon de nous manifester votre soutien. C'est aussi un engagement en faveur de la presse libre, de la pluralité des idées et du journalisme réellement indépendant. C'est enfin la riposte la plus efficace contre la menace de l'information unique.

Publié par segolene57 à 18:04:20 dans Articles de presse | Commentaires (0) |

Martine Aubry : "tous derrière" Ségolène Royal, qui salue l'"élue de terrain" de http://debatsocialiste.blogspirit.com | 20 janvier 2007

19.01.2007


Martine Aubry : "tous derrière" Ségolène Royal, qui salue l'"élue de terrain"






medium_070119165011.3v3nwwap0_la-candidate-socialiste---l-election-presidentiellb.jpgLa maire de Lille, Martine Aubry, a appelé vendredi les socialistes à être "tous derrière" leur candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, tandis que celle-ci saluait "une élue de terrain" qui a eu "le souci de (...) la mixité sociale".


"Il n'y a aucun doute, il n'y a qu'une candidate du Parti socialiste. On est tous derrière elle", a affirmé Mme Aubry à la presse devant le siège de la Fédération socialiste du Nord, après l'avoir reçue dans son bureau de l'Hôtel de Ville pendant une demi-heure.


"Je suis très heureuse d'accueillir Ségolène qui, après la tempête, nous a ramené le ciel bleu, je le vois à travers les nuages. Je pense que c'est bon signe", a-t-elle poursuivi, assurant que les deux femmes étaient "ravies de (se) retrouver toutes les deux".

 

"Le logement est une de ses préoccupations, comme celle des Français, pour garder les classes populaires (dans l'électorat de la gauche) mais aussi leur donner les mêmes conditions que les autres de logement et de qualité de vie", a souligné Mme Aubry.

 

Celle-ci n'avait apporté son soutien à aucun des trois candidats à la primaire PS mais avait indiqué qu'à titre personnel elle ne voterait pas pour Ségolène Royal.

 

Mme Royal a salué "une élue de terrain" et un maire "qui a eu le souci dans sa ville de garder la mixité sociale, et d'assurer le rayonnement de la ville de Lille, non seulement dans le territoire national mais aussi international".

 

"Dans cette démarche participative qui est la mienne, j'ai beaucoup à apprendre des élus de terrain", a expliqué la candidate. Suivie d'une meute de journalistes, Mme Royal est ensuite partie visiter des HLM rénovées dans le quartier populaire de Lille-sud, et devait animer à Roubaix dans la soirée un "débat participatif" sur le thème du logement.

 

Martine Aubry, a également appelé les socialistes à "laisser" Ségolène Royal "porter sa campagne selon son style et sa sensibilité", et à "s'y inscrire", affirmant qu'elle n'avait "pas d'inquiétude" sur le parcours de la candidate à l'élection présidentielle.

 

Il faut laisser effectivement au candidat ses choix et son temps. On a suffisamment reproché à certains candidats, lors des dernières élections, de ne pas avoir été maîtres de leur campagne", a déclaré la Secrétaire nationale du PS, en marge d'une visite de réalisation de logements sociaux dans sa ville avec la candidate du parti.

 

Selon Mme Aubry, "il faut laisser chacun, selon son style et sa sensibilité, porter sa campagne.

 

Ségolène Royal a choisi un style extrêmement particulier, un rapport aux Français qui n'est pas le rapport habituel de la politique (...), je crois qu'il faut non seulement le respecter mais s'y inscrire".

 

Elle a souhaité qu'après la fin de "la phase d'écoute" jusqu'au 11 février, les socialistes soient "rapidement en mesure de dire cequ'est la plateforme présidentielle".

 

Ne nous laissons pas perturber par les petites phrases, les petites histoires (...) Je n'ai pas d'inquiétude.

 

Gardons le cap", a ajouté la Maire de Lille, qui a affirmé ne sentir "un mouvement ni dans un sens,ni dans l'autre", c'est-à-dire ni vers la droite, ni vers la gauche.

 

Enfin, Martine Aubry, a estimé vendredi que Ségolène Royal et elle-même étaient "d'accord sur l'avenir" des 35 heures, y compris pour "reprendre le mouvement" pour leur extension.

 

Interrogée pour savoir si les 35 heures, que Mme Aubry porta sur les fonts baptismaux, avaient été évoquées lors de leur entretien à l'Hôtel de ville, l'ex-ministre des Affaires sociales a répondu : "Avec Ségolène Royal, nous parlons de tout, parce que nous sommes des femmes. Nous parlons de ce que nous avons en commun, nous parlons aussi des désaccords que nous pouvons avoir, dans une grande clarté".

 

Ségolène Royal avait qualifié mercredi les 35 heures de "progrès social" tout en critiquant leur application "technocratique". Elle a à nouveau manifesté une grande prudence sur ce sujet dans un entretien au quotidien régional La Voix du Nord, vendredi.

 

"Je crois que nous sommes d'accord sur l'avenir, c'est-à-dire un grand bilan qui doit être réalisé sur les 35 heures, que j'avais moi-même proposé, avec les syndicats et le patronat (...), sur, je l'espère une grande négociation interprofessionnelle et - je crois que Ségolène Royal est d'accord là-dessus - pour reprendre le mouvement".

 

Selon Martine Aubry, il faut à la fois "maintenir la compétitivité des entreprises, créer des emplois et permettre aux gens de vivre mieux". "Ceux qui ne sont pas (aux 35 heures) aimeraient y être", a-t-elle ajouté.

Publié par segolene57 à 14:48:55 dans Articles de presse | Commentaires (6) |

Désirs d'Avenir Metz Métropole - Lundi 22 janvier à 20h - Caveau du café Jehanne d'Arc (en face des Trinitaires) | 20 janvier 2007





Désirs d'Avenir Metz Métropole
Lundi 22 janvier à 20h
Caveau du café Jehanne d'Arc (en face des Trinitaires)



Ségolène Royal, candidate officielle des socialistes, des radicaux de gauche et du mouvement républicain et citoyen à l'élection présidentielle, promeut les idées de démocratie participative et l'engagement citoyen.




Son projet présidentiel est de remettre les Français au cœur de la réflexion et de l'action politique.




L'association et les comités Désirs d'Avenir incarnent les liens que la candidate construit avec les forces vives du pays. Ils rassemblent des citoyens de toutes sensibilités politiques, sans nécessaire appartenance partisane.
Dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, Ségolène Royal tient à continuer dans cette dynamique de débat et d'écoute. Elle invite tous les Français à participer et à débattre au sein des comités locaux Désirs d'Avenir.

C'est un des thèmes de la campagne présidentielle de Ségolène Royal qui sera débattu lors de cette rencontre messine : la vie chère, le pouvoir d'achat et l'efficacité économique.




Des sujets comme les salaires, le syndicalisme, le développement économique, la création d'entreprise, la recherche-développement pourront être abordés avec un point de vue local. Les avis et les propositions des citoyens seront transmis à Ségolène Royal.
Venez nombreux à cette réunion pour faire entendre votre voix dans cet élan démocratique.




Comité Désirs d'Avenir de Metz Métropole
BP 20245- 57006 METZ
desirsdavenir57@wanadoo.fr ou desirsdavenir-metz-metropole@orange.fr
Pour en savoir plus sur Désirs d'Avenir
http://www.desirsdavenir.org

Publié par segolene57 à 09:50:12 dans Comité de soutien | Commentaires (0) |

Petite réflexion philosophique | 20 janvier 2007

En ce week-end plutôt automnal qu'hivernal, à savourer le silence (un peu de solitude ne fait pas de mal), à mettre un peu d'ordre dans les papiers et autres courriers, voici une citation de Spinoza qui laisse à réféchir. Le commentaire est de André Comte-Sponville, philosophe humaniste, défenseur d'une spiritualité laïque. Peut-être une façon de faire de la politique autrement.



 "Ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre".



On ne juge que ce qu'on ne comprend pas. Non, certes, que tout se vaille ! Il y a d'honnêtes gens et des crapules, des sages et des fous, des héros et des lâches, des génies et des crétins, des saints et des salauds.



Qu'on préfère les premiers aux seconds, c'est la moindre des choses. Mais nul n'a choisi d'être ce qu'il est, ni ne peut devenir quelqu'un d'autre.



Il choisit ses actes ? Bien sûr. Mais en fonction de ce qu'il est, qu'il n'a pas choisi.



Il change ? Nous changeons tous. Mais tout changement a ses causes, qui l'expliquent.



Ainsi, tout est vrai, tout est rationnel, tout est nécessaire.



Se moquer d'un fou ? Ce serait être aussi fou que lui.  Haïr un méchant ? Ce serait commencer à lui ressembler. Mieux vaut le comprendre, lui pardonner et s'en protéger seulement.



Aimer ses ennemis, ce n'est pas renoncer à les combattre ; c'est les affronter sans haine, sans mépris, sans colère. La vérité et la sérénité vont ensemble ; ensemble, l'ignorance et la haine.

Publié par segolene57 à 09:47:51 dans A lire, à voir | Commentaires (1) |

L'influence du facteur femme : nouveau mystère de la scène politique française | 19 janvier 2007

Il y a quelques mois, je suis tombé sur une analyse de Claire Bommelaer, journaliste au Figaro (Figaro du 22/11/2006), intitulée "l'influence du facteur femme : nouveau mystère de la scène politique française". Pour la volonté, la force et le renouveau politique que conduit Ségolène Royal, je ne puis m'empêcher de remettre cet article ici que je trouve très bien fait, en-dehors de toutes considérations journalistique et politique. Merci à Claire Bommelaer.




Pour la première fois en France, une femme est en position d'être élue à la plus haute fonction. Dans un pays où le président de la République incarne la Nation autant qu'il la dirige, on mesure encore mal la révolution que cela représente. « C'est un moment historique », titrait le Herald Tribune, après l'investiture de Ségolène Royal.

« L'heure des femmes a sonné », augurait de son côté Bernadette Chirac. La montée des femmes en politique, ainsi que la prise en compte de la question féminine, a été lente. « Un ministère de la Condition féminine ? Et pourquoi pas un secrétariat au Tricot ? » ironisait autrefois Charles de Gaulle.
Il a fallu attendre les années 1970, pour que, sous l'égide de Valéry Giscard d'Estaing, des femmes de tête - dont Simone Veil, Françoise Giroud et Alice Saunier-Seïté - fassent leur apparition sur la scène politique. Le phénomène reste alors timide, notamment parce que le vivier des femmes pouvant être ministre n'est pas très large. De plus, les quelques femmes entrées en politique ont la vie dure et le font savoir. Le milieu est machiste. On se souvient des remarques très en dessous de la ceinture faites à Dominique Voynet, ministre de l'Environnement sous Jospin, par des chasseurs en colère. Et du surnom de « Pompadour » jeté à Édith Cresson lorsqu'elle était devenue premier ministre. Toute une génération de femmes nées après guerre - dont Michèle Alliot-Marie - évitera d'ailleurs de surjouer la carte de la féminité, afin de se protéger. « Je ne suis pas féministe », disait souvent Martine Aubry, comme pour échapper à son destin. 

En 1991, Édith Cresson est nommée premier ministre. C'est une première, mais la mayonnaise ne prend pas. Sa nomination fait, en quelque sorte, reculer la cause des femmes. En 1995, l'affaire des « juppettes » - 8 femmes ministres remerciées par Alain Juppé du jour au lendemain - démontre aussi la fragilité du mouvement de féminisation. « Il y a eu un avant et un après-juppettes », explique un sondeur. L'affront fait aux femmes sera réparé, mais par la gauche. En 1997, Lionel Jospin fait entrer, à des postes clés, Martine Aubry, Élisabeth Guigou, Marylise Lebranchu et Dominique Voynet. Il fait également voter une loi sur la parité, obligeant les partis politiques à présenter aux législatives, sous peine d'amende, autant d'hommes que de femmes. Il modifie la Constitution en ce sens. 


Beaucoup à l'époque - dont la philosophe Élisabeth Badinter - tonnent contre cette « rupture d'égalité républicaine » et cette politique de quotas qui ne dit pas son nom. Mais le mouvement est bel et bien lancé. En 1999, Michèle Alliot-Marie prend la tête du RPR. Poussés par la loi, conscients que l'électorat féminin représente 55 % des électeurs, les partis s'y mettent.




Les électeurs - et plus encore, les électrices - en redemandent. Ainsi, plus de 71 % des Français souhaiteraient que le nombre de femmes augmente en politique.




Première explication de cet engouement : la promesse d'un renouveau. À la question de savoir ce qui attire le plus dans la candidature de Ségolène Royal, 37 % des Français répondent simplement : « C'est une femme » (Ifop-JDD, novembre 2006). 

Ségolène Royal a beau être en politique depuis vingt ans, elle porte donc sur elle l'idée de nouveauté et d'alternance. Dans une moindre mesure, c'est aussi le cas de Françoise de Panafieu, qui va représenter la droite aux municipales à Paris. Ce renouveau fait pendant à la critique récurrente des Français selon laquelle « ce sont toujours les mêmes » qui tiennent les rênes du pouvoir. « Il y a un climat de défiance à l'égard de la classe politique, censée être loin des gens, du peuple ou tout simplement de soi-même », indique un sondeur. L'argument féminin est pour l'instant imparable. « Quelles différences y a-t-il entre vous ? » ont demandé les journalistes de La Chaîne parlementaire aux trois candidats socialistes : « Il y en a une qui est visible », a rétorqué Royal. 

Derrière cette évidence se profile l'espoir que les femmes puissent être porteuses d'un changement en profondeur. Qu'elles fassent « autrement ». « Elles sont créditées d'un certain nombre de valeurs, que porteraient mal les hommes », explique un autre sondeur.


Proximité, connaissance du terrain, sens du concret, du social, meilleure écoute, plus grande capacité à résister à la corruption, voire humanisme... l'opinion les investit de qualités réputées peu masculines. « Elles sont des hommes politiques comme les autres, à ceci près qu'elles sont plus proches de la vie quotidienne », affirme Dominique Voynet. 

Elles sont plus sensibles aux problèmes des enfants, de l'environnement, des personnes âgées. On doit aux femmes la pression pour créer des crèches ou réduire la circulation dans les grandes villes. On leur doit aussi, par exemple, la pilule du lendemain. C'est en partie grâce à elles que les conseils municipaux tardifs ont du plomb dans l'aile. 


Mécaniquement, sous l'effet de la loi sur la parité, le nombre de femmes députés va exploser en 2007. Pour l'instant, il n'y en a que 12 %, ce qui place la France loin derrière la plupart des pays européens. Leur présence massive dans les grandes instances démocratiques, dont le Parlement, marquera l'irruption d'une certaine modernité, le recul de la « mentalité de caserne » et l'amorce d'un rééquilibrage.

Les femmes ne forment-elles pas la moitié de l'humanité ? Que durera cet « effet femme » ? Logiquement, plus il y aura de femmes, moins elles incarneront le renouveau. Plus il y aura de femmes, plus elles manifesteront des manières diverses d'exercer le pouvoir. Après tout, toutes les femmes ne sont pas des mères d'enfant en bas âge et toutes n'ont pas forcément envie de diriger une « commission famille ». « Cela va durer au moins vingt ans », pronostique tout de même Pierre Weil, de la Sofres.

Car, dit-on, « les femmes ne veulent pas le pouvoir pour le pouvoir, mais pour l'exercer ».

Publié par segolene57 à 20:42:05 dans Segolene57 | Commentaires (0) |

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