La maire de Lille, Martine Aubry, a appelé vendredi les socialistes à être "tous derrière" leur candidate à l'élection présidentielle Ségolène Royal, tandis que celle-ci saluait "une élue de terrain" qui a eu "le souci de (...) la mixité sociale".
"Il n'y a aucun doute, il n'y a qu'une candidate du Parti socialiste. On est tous derrière elle", a affirmé Mme Aubry à la presse devant le siège de la Fédération socialiste du Nord, après l'avoir reçue dans son bureau de l'Hôtel de Ville pendant une demi-heure.
"Je suis très heureuse d'accueillir Ségolène qui, après la tempête, nous a ramené le ciel bleu, je le vois à travers les nuages. Je pense que c'est bon signe", a-t-elle poursuivi, assurant que les deux femmes étaient "ravies de (se) retrouver toutes les deux".
"Le logement est une de ses préoccupations, comme celle des Français, pour garder les classes populaires (dans l'électorat de la gauche) mais aussi leur donner les mêmes conditions que les autres de logement et de qualité de vie", a souligné Mme Aubry.
Celle-ci n'avait apporté son soutien à aucun des trois candidats à la primaire PS mais avait indiqué qu'à titre personnel elle ne voterait pas pour Ségolène Royal.
Mme Royal a salué "une élue de terrain" et un maire "qui a eu le souci dans sa ville de garder la mixité sociale, et d'assurer le rayonnement de la ville de Lille, non seulement dans le territoire national mais aussi international".
"Dans cette démarche participative qui est la mienne, j'ai beaucoup à apprendre des élus de terrain", a expliqué la candidate. Suivie d'une meute de journalistes, Mme Royal est ensuite partie visiter des HLM rénovées dans le quartier populaire de Lille-sud, et devait animer à Roubaix dans la soirée un "débat participatif" sur le thème du logement.
Martine Aubry, a également appelé les socialistes à "laisser" Ségolène Royal "porter sa campagne selon son style et sa sensibilité", et à "s'y inscrire", affirmant qu'elle n'avait "pas d'inquiétude" sur le parcours de la candidate à l'élection présidentielle.
Il faut laisser effectivement au candidat ses choix et son temps. On a suffisamment reproché à certains candidats, lors des dernières élections, de ne pas avoir été maîtres de leur campagne", a déclaré la Secrétaire nationale du PS, en marge d'une visite de réalisation de logements sociaux dans sa ville avec la candidate du parti.
Selon Mme Aubry, "il faut laisser chacun, selon son style et sa sensibilité, porter sa campagne.
Ségolène Royal a choisi un style extrêmement particulier, un rapport aux Français qui n'est pas le rapport habituel de la politique (...), je crois qu'il faut non seulement le respecter mais s'y inscrire".
Elle a souhaité qu'après la fin de "la phase d'écoute" jusqu'au 11 février, les socialistes soient "rapidement en mesure de dire cequ'est la plateforme présidentielle".
Ne nous laissons pas perturber par les petites phrases, les petites histoires (...) Je n'ai pas d'inquiétude.
Gardons le cap", a ajouté la Maire de Lille, qui a affirmé ne sentir "un mouvement ni dans un sens,ni dans l'autre", c'est-à-dire ni vers la droite, ni vers la gauche.
Enfin, Martine Aubry, a estimé vendredi que Ségolène Royal et elle-même étaient "d'accord sur l'avenir" des 35 heures, y compris pour "reprendre le mouvement" pour leur extension.
Interrogée pour savoir si les 35 heures, que Mme Aubry porta sur les fonts baptismaux, avaient été évoquées lors de leur entretien à l'Hôtel de ville, l'ex-ministre des Affaires sociales a répondu : "Avec Ségolène Royal, nous parlons de tout, parce que nous sommes des femmes. Nous parlons de ce que nous avons en commun, nous parlons aussi des désaccords que nous pouvons avoir, dans une grande clarté".
Ségolène Royal avait qualifié mercredi les 35 heures de "progrès social" tout en critiquant leur application "technocratique". Elle a à nouveau manifesté une grande prudence sur ce sujet dans un entretien au quotidien régional La Voix du Nord, vendredi.
"Je crois que nous sommes d'accord sur l'avenir, c'est-à-dire un grand bilan qui doit être réalisé sur les 35 heures, que j'avais moi-même proposé, avec les syndicats et le patronat (...), sur, je l'espère une grande négociation interprofessionnelle et - je crois que Ségolène Royal est d'accord là-dessus - pour reprendre le mouvement".
Selon Martine Aubry, il faut à la fois "maintenir la compétitivité des entreprises, créer des emplois et permettre aux gens de vivre mieux". "Ceux qui ne sont pas (aux 35 heures) aimeraient y être", a-t-elle ajouté.